Il ne pleut plus depuis longtemps. L'attente est amère, fade. Plongés à moitié dans une vie d'adultes, les heures passées nous font oublier qu'hier nous n'étions que des enfants. La promesse future rappelle comme il est doux de se baigner dans ses yeux. L'herbe fraichement coupée aux gouts d'été somnole près d'eux. La rivière coule sur le temps qui passe. Les instants s'alanguissent, étirés sous les rayons chauds, bâillés par l'homme endormi. Un papillon s'envole ... tout bat de l'aile. La folie nous écrase sous le poids d'irresponsabilités. Le tourbillon nous entraine vers la foule qui s'élance, & puis on danse, nous sommes emportés au loin... Le trait noir juste sous ses cils n'y changera rien. Je rêvais puis je l'ai (re)trouvé. Le passé prend des gouts de miels, des accents de paroles sous un toit, un tilleul, un ciel glacé. Joués de ses airs, nous comprenons qui nous sommes, pourquoi. Chaque insignifiante chose construit notre tétris personnel. Chaque souvenir nous transporte vers une nouvelle destinée. Nous avons peur, conscience, raison de nos choix. Tout nous mène vers d'innombrables points dans un ciel étoilé. Certaines galaxies ne se mélangent pas. Les bulles d'oxygène se frôlent. Les gouttes d'eau fusionnent. S'éclatent au sol en une même symphonie. La poésie des flaques est mystérieuse : une éternité qui disparait, une renaissance au contact de l'humidité mère de tout. Un reflet qui s'offre au passant, une nouvelle vérité qui semble s'imposer à lui, qui ne prend rarement le temps de voir. La nature qui pleure, qui chante, qui s'émeut. La temporalité qui s'exprime. Les nuages qui somnolent.
Voilà pourquoi j'aime la pluie.